Posts (page 2)
Jeudi matin, après un oral de merchandising où, paraît-il, j'ai donné envie de manger des pâtes, je pars pour le TD de marketing, animé par un enseignant très dynamique, médecin de formation passé par l'ESSEC, qui nous a fait ""plancher"" sur un cas de commercialisation axé sur l'étude de l'enseigne Darty. Peu intéressé par cette discipline, et, de manière générale, par toutes celles qui ont trait au Commerce, je préfère, vers la fin de l'heure, discuter de la campagne présidentielle. Je pointe du doigt la tête du président élu, qui figure en première page de Challenges, et lui dis les mots suivants : "Est-ce-que d'un point de vue marketing la campagne de Sarkozy a été bien faite ?" Lui : "Absolument. Ils ont réalisé un sans faute !" Il poursuit en m'expliquant qu'ils avaient énormément travaillé la préparation de la campagne par des enquêtes d'opinion, des déplacements en province, pris la température, senti dans quelle direction le vent tournait, préparé l'UMP, le discours de Nicolas Sarkozy, choisi les bons moments. Une véritable étude de marché politique facilitée par le trésor de guerre de l'UMP (32 millions d'euros annuels de dotation publique). Tout avait été réfléchi préalablement. Aucune improvisation. Chaque mot avait été pensé, pesé, travaillé. Point de débordements sur l'identité nationale, sur l'inné et l'acquis (les propos du Père Gilbert, à ce propos, mercredi dernier, sur Radion Notre Dame, sont très amusants), le kärcher et tutti quanti. C'était programmé. Comme les références au christianisme. Exciter les sentiments refoulés des gens, telle était la formule. Finalement, le seul moment où le produit Sarkozy était en roue libre fut le soir de sa victoire, me dit mon prof. Il savoure sa réussite -son plébiscite ? Il lève les yeux au ciel, la main sur la coeur. Remercie. Qui ? Dieu ? Ses partisans ? On le croit frappé d'une crise mystique. Il regarde les balcons de la salle Gaveau et même plus haut -qu'y a-t-il au-dessus de président ? Il jubile et plus même...mais Cécilia est absente. Voilà le vrai Sarkozy qui se révèle...De produit marketing, il redevient un homme. L'homme qu'il est. Très intéressant comme discipline, le marketing politique est encore difficilement accepté par...les hommes et femmes politiques eux-mêmes, conclut mon prof. Hmm. L'humilité et nos gouvernants !
Le 9 mai est la fête de l'Europe. Que ce jour soit l'occasion d'espérer pour la construction européenne. Alors que ce chantier est en pause -en panne, diront les plus pessimistes-, alors que l'Europe des 27 a échoué à se doter d'une constitution commune, l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de la France est un signal positif envoyé aux institutions bruxelloises. Cependant, il ne faut pas espérer "une fuite en avant" de l'unification du continent par un autre texte constitutionnel -de toute manière, Angela Merkel, actuelle présidente de l'Union, y est opposée- tant que l'on n'aura pas délimité clairement les frontières de l'Union européenne. En effet, comment peut-on croire à un renforcement de l'Europe politique si l'on ne borde pas préalablement ses limites, à un état européen sans nation identifiée géographiquement ? La question, malheureusement, des frontières de l'Europe n'est pas prête d'être traitée par les Experts, puisque les intégrationnistes de la Direction de l'Elargissement sont plus enclins à accueillir d'autres pays, à poursuivre les adhésion de nouveaux états, la Turquie en tête, qu'à cesser les absorptions -coûteuses. Bien qu'opposé à l'adhésion turque, je sais pertinemment qu'on ne peut brutalement cesser les négociations d'adhésions avec l'ancien Empire ottoman, car les enjeux sont trop importants. De fait, l'Europe espère que ses règles permettront à la Turquie de s'assainir, de renforcer sa tradition laïque -modèle de conversion de l'islam politique à la modernité pour le reste de l'Islam-, et de lui ouvrir un accès privilégié et stratégique vers le Moyen-Orient. Tandis que la Turquie, elle, attend beaucoup de l'intégration européenne d'un point de vue financier. Mais la victoire de Nicolas Sarkozy est également un signal négatif adressé à Bruxelles, car, dans la mesure où l'unanimité des membres du Conseil de l'Europe est nécessaire pour ouvrir un autre chapitre de négociation et que Sarkozy est timoré, il faut croire que la candidature turque a peu de chances d'aboutir. Dois-je m'en réjouir ? Quelque part, oui...
Alors que le président Chirac présidait son dernier 8 mai, ce matin, place de l'Etoile, le président élu Sarkozy, lui, voguait sur les eaux maltaises, à bord d'un yacht de son ami Bouygues, puis, sur un plus long, 111 mètres, propriété du milliardaire Abramovitch. Décidément, le P d'UMP est assez étranger à notre nouveau président, qui, une fois de plus, montre ses liens avec les puissances d'Argent après avoir dîné et couché au Fouquet's après sa victoire. Cela me gêne. Le président de la République est le président de tous les Français et non celui des élites financières internationales. On peut critiquer Jacques Chirac, mais il avait une sainte haine du patronat. Avec celui-ci, c'est l'entrée du CAC 40, du Nikkei, du Dow Jones, des stars, des peoples -Johnny Hallyday futur ministre de la Culture ?- au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré. La république paillette est née. De Gaulle, reviens !!!
Hier soir, comme tout le monde s'y attendait, Nicolas Sarkozy a remporté aisément le second tour de l'élection présidentielle, face à Ségolène Royal, qui, avec 47% des suffrages, n'a pas su convaincre les Français...à commencer par moi. En effet, qu'il n'était pas énervant de l'entendre répondre, face à des questions sur sa conception du pouvoir, que "les Français décideront", "on verra", "une procédure est en cours" -concernant l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne- plutôt que de trancher, quitte à paraître autoritaire (ce qu'elle est en réalité; Cf. Montebourg, son exclusion et l'Ordre juste). Tandis que Sarkozy, on le peut critiquer vertement, lui, tranchait "Je ferais comme...". Alors, je ne dis pas avoir voté pour lui. Non. Il faut, toutefois, reconnaître que cet homme montre davantage de charisme et, finalement, se rapproche plus de ma conception d'un chef. Maintenant, écrire qu'il sera le meilleur président de la Vème République, qu'il est le meilleur choix -compte tenu de l'offre politique en 2007, j'ai le faible de le croire même si Bayrou lui est supérieur...en tout !-, je ne vais pas jusque là. L'élection est passée, il faut se tourner vers l'avenir, à présent. Une réalité incontournable, qu'on l'aime ou pas, qu'on ait voté pour lui ou pas, il est notre président à tous. Pour ses détracteurs, il faut, avant toute chose, lui faire confiance -je sais, pour certains, ce sera dur, n'est-ce-pas cher Jean-Pierre ?- et attendre pour le juger sur les actes. Pour ses supporteurs, il faut, d'une part, se calmer -ça n'est qu'une élection; dans cinq ans, on recommence-; d'autre part, il faut tenir pour que les législatives offrent la majorité nécessaire pour gouverner. Car, je vois le Centre s'organiser, certes, le Mouvement démocrate -ex-PD...c'est gênant pour un parti politique- pèse peu même si François Bayrou a été plebiscité par 6.7 millions de Français. Et, au gré d'une éventuelle alliance Centre-Gauche, c'est la défaite -assurée- pour la Droite, qui, au pire des cas, se traduirait par une cohabitation; encore une, et qui mettra fin à la ""révolution"" sarkozyste. Avis aux amateurs. En ce qui me concerne, j'ignore mon comportement électoral pour les législatives. C'est clair, je ne voterai pas pour la Gauche, en tout cas, tant que le PS n'aura pas effectué sa mue sociale-démocrate, suivi, assumé le chemin ouvert par Tony Blair depuis 1997 (avec des succès et des échecs) qui permettrait de concilier efficacité économique et justice sociale. Concernant la Droite, la tentation de suivre le mouvement, de soutenir celui qui nous gouvernera est présente, je ne le cache pas. Après tout, quand on se range dans cette grande famille politique -longtemps désunie-, très diverse, très large, on pourrait croire qu'il est raisonnable de soutenir son représentant. Le conditionnel n'est pas de trop. Car, quoi de commun, si l'on se place dans une perspective historique, entre le Général de Gaulle et Nicolas Sarkozy ? 40 centimètres ? Quant au Centre, je suis davantage tenté de renouveler mon expérience du 22 avril; mais, pour le moment, j'attends de voir ce que donnera dans les prochaines semaines le Mouvement démocrate, son idéologie, son programme, son projet de société.
Ca y est. Enfin. Les deux candidats en lice vont se taire. Après un débat, mercredi soir, très houleux, entre Nicolas S. et Ségolène R., les électeurs vont pouvoir arrêter leur choix pour dimanche prochain et élire le futur président de la République. Voici la fin d'une longue campagne présidentielle commencée cet été et même avant. La suite, donc, dimanche
Croyez-vous en la destinée ? Ou au contraire que l'on a toujours le choix de son destin ?
Suggéré par Jonathan.
La destinée, la Providence, oui, j'y crois. Je ne crois pas au libre choix dans l'absolu. C'est par la force des choses que nous opérons certains choix, et que nous prenons certains chemins plutôt que d'autres. Chaque homme a son destin de tracé, la difficulté est de tenter de le connaître par avance...
Quand avez-vous dis je t'aime pour la dernière fois?
Suggéré par Tylers.
Ca fait un paquet de temps, maintenant. Je n'ai pas eu, depuis, l'occasion de le dire à nouveau
Quelles personnes célèbres, vivantes ou non, aimeriez-vous réunir autour d'une table ?
Ah. En ces temps électoraux, je réunirais le Général de Gaulle que je placerais en face de Nicolas Sarkozy, qui ne manquerait pas de lui rappeler l'esprit de la Constitution de la Vème République. A côté d'eux, pour apporter une touche intellectuelle, j'inviterais de véritables penseurs dans la veine de Raymond Aron et de René Remond, qui nous a récemment quitté. Tous deux expliqueraient aux convives en quoi la campagne présidentielle 2007 était particulièrement inintéressante. Pour la touche artistique, je convierai Gide, Giraudoux, Mauriac, Claudel. Des écrivains très différents mais qui se connaissaient bien et brillaient par leur intelligence. Pour la partie musicale, j'inviterai Dietrich Fischer-Dieskau, le baryton allemand, qui, assis près de Jorg Demus, nous interpréterait le Voyage d'hiver entre le plat et le fromage pour détendre l'atmosphère électrique...et son concurrent Hermann Prey.
Je serais curieux de savoir ce que cela donnerait....
Suggérée par Lorelei
Je viens d'écouter le candidat Nicolas Sarkozy dans le grand meeting organisé à Bercy. Un mot me vient aux lèvres lorsque je repense à cet événement : spectaculaire. Un grand show politique très bien ficelé. Un grand sens de la mise en scène. Un talent pour exciter les sens de la ""plèbe"". Ses conseillers en communication, cela ne fait aucun doute, n'ont pas lésiné dans la préparation de cette dernière rencontre entre Sarko et le "peuple". Nicolas Sarkozy qui parle, c'est le triomphe de la démagogie me confiait un ami que j'accompagnais. Démagogie, oui. Mais il parvient très sûrement à faire rêver une partie si ce n'est tout l'auditoire quand il parle "d'espérance" dans son voeu de rompre avec la façon de faire de la politique et satisfaire les électeurs quand il pourfend l'idéologie de "mai 68". Sur la droite de son podium -je le distingue à peine-, le gouvernement, les peoples, des patrons -Charles Beigbeder-, un intellectuel -André Glucksmann- sont serrés comme des sardines : c'est le bal des faux culs, pour reprendre l'expression de Bernard Tapie usitée le soir des résultats du premier tour. En effet, je distingue la garde chiraquienne, ralliée in extremis, Villepin, Baroin; cette garde qui ne sourit pas, applaudit peu et tire une tête, passez-moi l'expression triviale, "d'enculeurs enculés". Les mêmes qui se sont évertués à semer moult embûches sur le parcours de "Sarko" sont, à présent, tenus en laisse par le -futur ?- président !!! Amusant ! Ridicule, surtout ! La salle est bondée. On compte 20 000 personnes à l'intérieur. Il fait chaud. Certaines personnes s'évanouissent. L'ambiance est à son comble à certains moments du discours, difficile de ne pas être pris dans le mouvement. Ca crie. Ca chante. Ca tape des mains. Ca fait la hola. Ca agite les drapeaux -GayLib en présente beaucoup. Ca hue -quand on parle de la Gauche en général et de Ségolène Royal en particulier; MAM, spécialement ointe de l'onction de la critiquer : "Elle change d'idées comme de jupes !" Tout cela, en fait, me divertit et me fait oublier la douleur qui se diffuse chaque fois que je remue mon épaule endolorie. De toute cette mise en scène bien foutue, je retiens certains passages et apprécie beaucoup qu'enfin quelqu'un dénonce sans pudeur les errances de 68 -Luc Ferry l'avait déjà fait-, du relativisme intellectuel qui en découle, du travail, de la violence galopante...Pour un peu, je me laisserais avoir par celui que Villepin qualifie de "nabot" et ses grandes phrases non dénuées d'un lyrisme de bon aloi. Catherine, une copine, m'a interdit de voter blanc dimanche prochain arguant que c'était dangereux et que, de toute façon, cela ne servait à rien car les bulletins blancs n'étaient pas comptabilisés...contrairement à l'abstention. Pour faire simple, je dois, selon elle, voter pour l'un ou l'autre. Je me laisse la semaine pour méditer. Mais je sais déjà qui ce sera...
Le couperet est tombé. 55% des Français ont approuvé la bipolarisation de la vie politique en conduisant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle. Je ne peux que regretter ce choix et, en même temps, le respecter. Toutefois, le Centre a émergé -à condition, bien sûr, que ces 19% des suffrages ne soient pas dans leur majorité des votes contestataires mais bien des gens qui veulent du changement !!- et, à présent, il doit se structurer. Il doit avoir en ligne de mire les prochaines élections législatives de juin et, par dessus tout, un esprit de vainqueur. Plus que jamais décidé à réellement à impulser un changement, une nouvelle politique pour la France, paralysée par la bipolarisation partisane, dont la pire forme est la cohabitation.
Mais imaginons que mes voeux égoïstes se réalisent et imaginons le scénario suivant : Sarko n'a pas la majorité absolue ou une nette majorité tout court en juin à cause d'un Bayrou qui a su galvaniser ses troupes et ses électeurs; question : comment gouverne le futur Président ? Où va-t-il chercher sa réserve de voix au Palais Bourbon quand il s'agira de faire voter ses lois ? Au prix d'une coalition ? Certes, nous ne sommes plus dans une république où la Chambre sanctionne le gouvernement par l'arme du veto (usé et abusé sous la IIIème et la IVème), mais, cette problématique de la composition à venir du Parlement -de l'Assemblée- est primordiale pour le futur vainqueur et le pays, en général qui a besoin urgemment de réformes qui ne peuvent plus attendre.
Si une victoire du Centre en juin, ainsi, permettrait de peser dans la politique de la Nation, elle favoriserait en même temps un blocage par le haut du pays.
A moins que...(la suite au prochain épisode)