Un certain enthousiasme...
Je viens d'écouter le candidat Nicolas Sarkozy dans le grand meeting organisé à Bercy. Un mot me vient aux lèvres lorsque je repense à cet événement : spectaculaire. Un grand show politique très bien ficelé. Un grand sens de la mise en scène. Un talent pour exciter les sens de la ""plèbe"". Ses conseillers en communication, cela ne fait aucun doute, n'ont pas lésiné dans la préparation de cette dernière rencontre entre Sarko et le "peuple". Nicolas Sarkozy qui parle, c'est le triomphe de la démagogie me confiait un ami que j'accompagnais. Démagogie, oui. Mais il parvient très sûrement à faire rêver une partie si ce n'est tout l'auditoire quand il parle "d'espérance" dans son voeu de rompre avec la façon de faire de la politique et satisfaire les électeurs quand il pourfend l'idéologie de "mai 68". Sur la droite de son podium -je le distingue à peine-, le gouvernement, les peoples, des patrons -Charles Beigbeder-, un intellectuel -André Glucksmann- sont serrés comme des sardines : c'est le bal des faux culs, pour reprendre l'expression de Bernard Tapie usitée le soir des résultats du premier tour. En effet, je distingue la garde chiraquienne, ralliée in extremis, Villepin, Baroin; cette garde qui ne sourit pas, applaudit peu et tire une tête, passez-moi l'expression triviale, "d'enculeurs enculés". Les mêmes qui se sont évertués à semer moult embûches sur le parcours de "Sarko" sont, à présent, tenus en laisse par le -futur ?- président !!! Amusant ! Ridicule, surtout ! La salle est bondée. On compte 20 000 personnes à l'intérieur. Il fait chaud. Certaines personnes s'évanouissent. L'ambiance est à son comble à certains moments du discours, difficile de ne pas être pris dans le mouvement. Ca crie. Ca chante. Ca tape des mains. Ca fait la hola. Ca agite les drapeaux -GayLib en présente beaucoup. Ca hue -quand on parle de la Gauche en général et de Ségolène Royal en particulier; MAM, spécialement ointe de l'onction de la critiquer : "Elle change d'idées comme de jupes !" Tout cela, en fait, me divertit et me fait oublier la douleur qui se diffuse chaque fois que je remue mon épaule endolorie. De toute cette mise en scène bien foutue, je retiens certains passages et apprécie beaucoup qu'enfin quelqu'un dénonce sans pudeur les errances de 68 -Luc Ferry l'avait déjà fait-, du relativisme intellectuel qui en découle, du travail, de la violence galopante...Pour un peu, je me laisserais avoir par celui que Villepin qualifie de "nabot" et ses grandes phrases non dénuées d'un lyrisme de bon aloi. Catherine, une copine, m'a interdit de voter blanc dimanche prochain arguant que c'était dangereux et que, de toute façon, cela ne servait à rien car les bulletins blancs n'étaient pas comptabilisés...contrairement à l'abstention. Pour faire simple, je dois, selon elle, voter pour l'un ou l'autre. Je me laisse la semaine pour méditer. Mais je sais déjà qui ce sera...