On revoit la copie...
Hier soir, comme tout le monde s'y attendait, Nicolas Sarkozy a remporté aisément le second tour de l'élection présidentielle, face à Ségolène Royal, qui, avec 47% des suffrages, n'a pas su convaincre les Français...à commencer par moi. En effet, qu'il n'était pas énervant de l'entendre répondre, face à des questions sur sa conception du pouvoir, que "les Français décideront", "on verra", "une procédure est en cours" -concernant l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne- plutôt que de trancher, quitte à paraître autoritaire (ce qu'elle est en réalité; Cf. Montebourg, son exclusion et l'Ordre juste). Tandis que Sarkozy, on le peut critiquer vertement, lui, tranchait "Je ferais comme...". Alors, je ne dis pas avoir voté pour lui. Non. Il faut, toutefois, reconnaître que cet homme montre davantage de charisme et, finalement, se rapproche plus de ma conception d'un chef. Maintenant, écrire qu'il sera le meilleur président de la Vème République, qu'il est le meilleur choix -compte tenu de l'offre politique en 2007, j'ai le faible de le croire même si Bayrou lui est supérieur...en tout !-, je ne vais pas jusque là. L'élection est passée, il faut se tourner vers l'avenir, à présent. Une réalité incontournable, qu'on l'aime ou pas, qu'on ait voté pour lui ou pas, il est notre président à tous. Pour ses détracteurs, il faut, avant toute chose, lui faire confiance -je sais, pour certains, ce sera dur, n'est-ce-pas cher Jean-Pierre ?- et attendre pour le juger sur les actes. Pour ses supporteurs, il faut, d'une part, se calmer -ça n'est qu'une élection; dans cinq ans, on recommence-; d'autre part, il faut tenir pour que les législatives offrent la majorité nécessaire pour gouverner. Car, je vois le Centre s'organiser, certes, le Mouvement démocrate -ex-PD...c'est gênant pour un parti politique- pèse peu même si François Bayrou a été plebiscité par 6.7 millions de Français. Et, au gré d'une éventuelle alliance Centre-Gauche, c'est la défaite -assurée- pour la Droite, qui, au pire des cas, se traduirait par une cohabitation; encore une, et qui mettra fin à la ""révolution"" sarkozyste. Avis aux amateurs. En ce qui me concerne, j'ignore mon comportement électoral pour les législatives. C'est clair, je ne voterai pas pour la Gauche, en tout cas, tant que le PS n'aura pas effectué sa mue sociale-démocrate, suivi, assumé le chemin ouvert par Tony Blair depuis 1997 (avec des succès et des échecs) qui permettrait de concilier efficacité économique et justice sociale. Concernant la Droite, la tentation de suivre le mouvement, de soutenir celui qui nous gouvernera est présente, je ne le cache pas. Après tout, quand on se range dans cette grande famille politique -longtemps désunie-, très diverse, très large, on pourrait croire qu'il est raisonnable de soutenir son représentant. Le conditionnel n'est pas de trop. Car, quoi de commun, si l'on se place dans une perspective historique, entre le Général de Gaulle et Nicolas Sarkozy ? 40 centimètres ? Quant au Centre, je suis davantage tenté de renouveler mon expérience du 22 avril; mais, pour le moment, j'attends de voir ce que donnera dans les prochaines semaines le Mouvement démocrate, son idéologie, son programme, son projet de société.