Le temps passe (et rien n'a été fait)...les travers restent
Il y a cinq ans, nous avions eu le privilège d'assister à un déferlement de passions démocratiques après l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Campagnes de presse, manifestations, rassemblements démocratiques -je me souviens de Roberto Alegna, qui avait chanté sur le Champ de Mars-, l'entre deux tours avait été très bruyant. Avec le recul, je crois sincèrement que toute cette agitation médiatico-populaire (une fois n'est pas coutume, les médias marchaient avec le peuple main dans la main) était excessive, puisque Jacques CHIRAC croyait en sa future victoire de dictateur (82% des voix) et était assuré que le "péril" Le Pen ne se réaliserait pas. Ce fut le cas. Conséquence, en fait, terrible pour le pays : élu massivement avec des voix de gauche, les institutions, par l'intermédiaire du Président, n'en étaient que davantage perturbées puisque la donne était faussée. Résultat indirect -indirect, car il faut peut-être aussi y voir une attitude profonde de JC toujours à suivre le mouvement populaire frileux et jaloux de ses avantages au lieu d'ouvrir une autre voie- : le statu quo. L'immobilisme. L'arrêt. La France n'a pas avancé. Elle a péniblement pris en marche le train de la croissance. Le navire France ne navigue plus, en tout cas, plus aussi vite que son partenaire d'outre-Rhin, qui, lui, au prix de réformes courageuses, a repris la course.
D'un point de vue institutionnel et plus général, les institutions charpentées par de Gaulle et ses conseillers (Michel Debré) ne conviennent plus. Les permanences politiques, si elles protègent un microcosme se satisfaisant de cette situation, font du tort au pays coincé dans un rapport de force dénué, à présent, de sens entre ce qu'on appelle droite et gauche. Que faire ? Que pouvons-nous espérer ? Que faut-il ? Une révolution . Une révolution institutionnelle, plus précisement. La fin de ce clivage dépassé hérité du 11 septembre 1789 -au moment du vote de l'Assemblée constituante concernant le veto du Roi où s'est opérée la partition entre monarchiens (à
droite) et constitutionnels (à gauche)- qui, aujourd'hui, n'a plus aucune signification. En transcendant cette donne, en refondant les institutions, en proposant un autre projet de société, la France pourra sortir de la torpeur, l'immobilisme dans lequel elle est depuis trop longtemps plongée. C'est, à mon sens, une nécessité et plus qu'une nécessité, une urgence.
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