La fin d'une époque...
Hier, à douze heures, Jacques Chirac n'était plus président de la République. Nicolas Sarkozy prenait possession du 55, rue du Faubourg Saint Honoré et entérinait, par la même occasion, du haut de son mètre soixante, son mandat présidentiel tandis que le tout nouvel ex-Président de la République rangeait sa grande carcasse dans la voiture qui l'attendait à la fin du tapis rouge barrant la cour de l'Elysée sous les applaudissements chaleureux de Français triés sur le volet. Hier, douze ans de chiracquisme, ouverts par la victoire de 1995, se sont -enfin- clôts, ce terrible quinquennat secoué par plusieurs événements marquants prenait fin sur le perron du palais de l'Elysée. Au même moment, une aspiration au changement envahissait le coeur de votre serviteur après le culte du statu quo, tandis qu'il écoutait en différé le premier discours prononcé dans le salon officiel par Nicolas Sarkozy. Chômage élevé, croissance atone, échec du TCE, banlieues en feu, affaire du CPE, autant de points sur lesquels le Président Chirac a misérablement échoué. Les quelques moments de gloire -non à la guerre en Irak, reformatage des Armées- ne parviennent pas à occulter la mollesse de cette présidence. En prenant un peu de recul, comment pouvait-on croire qu'un Président de fibre radical-socialiste, piégé par une dissolution précipitant la nation sous la cohabitation et élu, en 2002, comme un dictateur inspirerait la thérapie de choc dont le pays a besoin alors qu'il tirait en partie sa légitimité des suffrages de cette Gauche conservatrice, frileuse, rigide, repliée sur les avantages sociaux, les acquis ? "Cela m'oblige" disait Jacques Chirac au soir de sa réelection. L'oblige à quoi ? Qu'a-t-il fait ? Pire que la "valse" de Balladur, un pas en avant, deux en arrière, la "valse" de Chirac consacre l'immobilisme politique, une manière de gouverner qui peut se révéler très néfaste, dans une France désabusée et partagée entre une Gauche archaïque, un Centre inexistant et une Droite complexée par son passé vichyste -en tout cas, jusqu'à la victoire de Sarközy et la refondation idéologique de l'UMP. Il était temps que s'achève ce mandat monarchique au profit d'un autre, qui, s'il peut partager le peuple quant à la personne, ne fait aucun doute quant aux promesses engagées par celui qui revêt les habits cousus mains par le Général de Gaulle et Michel Debré en 1958...