La fin d'un Monde...déboulonnement de JMC
Hier après-midi, la Société des Rédacteurs du Monde votait contre la reconduction de Jean-Marie Colombani à la présidence du directoire du groupe. Ainsi s'achèvent treize années de règne à la tête du journal fondé par Hubert Beuve-Méri et du groupe à 900 millions d'euros de chiffre d'affaires qui avait racheté les éditions de la Vie catholique. Je lis partout qu'il a changé le Monde. Certes. Site internet le plus fréquenté, entre autres. Mais le journal a aussi enregistré une perte de 19% de parts de marché sous sa direction. Et c'est également sous sa responsabilité que le "légendaire" quotidien a rencontré de nombreuses tempêtes médiatiques et judiciaires dont la plus récente et virulente fut sans conteste l'ouvrage -excellent- de Pierre Péan, la Face cachée du Monde, paru au printemps 2002. A titre personnel, j'ai détesté l'engagement "royaliste" de la rédaction, en tout cas, de Jean-Marie Colombani lors de la toute dernière campagne présidentielle, après que le PDG ait appelé au respect du bipolarisme politique dans une charge larvée en direction de François Bayrou et de son expérience intéressante. La tentation du désabonnement passée, j'espérais que le PDG ne serait pas renconduit dans ses fonctions. Mon voeu a été exaucé. Alain Minc -responsable du conformisme de la ligne éditoriale selon Edwy Plenel-, qui, hier à la une des Echos, appelait encore à une reconduction de JMC, expliquait dans les colonnes du Monde, il y a quelques mois, qu'au choix d'un journaliste issu de la rédaction serait préféré un financier qui gérerait le journal et ses filiales comme une entreprise : pensait-il à lui-même ? si les journalistes ne voulait plus du potentat corse. Quel avenir, maintenant ? Comment sera la suite ? Que deviendra le Monde ? Quelle sera son identité ? Evoluera-t-il davantage en direction d'une ligne libérale ou conservera-t-il une ligne grossièrement sociale-démocrate ? Continuera-t-il d'être géré comme un journal ou deviendra-t-il une entreprise mue par la recherche de l'unique rentabilité ? Un impératif urgent pour l'abonné de 3 ans que je suis : rompre avec ce conformise journalistique pour la recherche d'une plus grande audace éditoriale. Je suis sûr, alors, que le Monde récupérera les parts de marché perdues...